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26.04 Mai 2015

le dossier du mois

En Mai : On fête les travailleurs et les mamans !

« En mai, fais ce qu’il te plait » dit le proverbe. Mais surtout on peut profiter de nombreux jours fériés pour fêter le travail et les mamans notamment.
En effet, outre le 8 mai (victoire/fin de la seconde guerre) et le lundi de l’ascension (fête religieuse), les travailleurs peuvent chômer tout en étant rémunérés le 1er mai.
Mais pourquoi fête-t-on le travail le 1er mai ? Pourquoi les syndicats se réunissent-ils dans les rues pour défiler voire manifester ?




Fin 19ème siècle – Chicago (Etats-Unis) - la naissance d’un mouvement


A Chicago, le 1er mai est la date choisie pour renouveler les contrats de travail. Les ouvriers las de réclamer la journée de 8 heures quittent leurs usines ce 1er mai 1886 et c’est plus de 300 000 ouvriers qui vont manifester dans le calme dans les rues de Chicago.
Le 3 mai 1886, la grève se poursuit – des échauffourées éclatent entre les grévistes et les policiers. 6 ouvriers seront tués.
Le lendemain, un meeting de protestation organisé par des anarchistes tourne au drame. Une bombe éclate au milieu des salariés et provoque une immense panique. 7 policiers ainsi qu’une dizaine de manifestants perdent la vie. 8 militants anarchistes sont condamnés à mort. 4 d’entre eux sont pendus le 11 novembre 1887 tandis qu’un cinquième se suicide en prison. En 1893, les 3 autres sont graciés tandis que les 5 décédés sont réhabilités à titre posthume.




Un jour anniversaire pour honorer les morts et revendiquer les 8 heures de travail


En 1889, le congrès constitutif de la 2ème Internationale des partis socialistes et ouvriers, réuni à Paris à l’occasion du centenaire de la Révolution Française et de l’exposition universelle, décide d’organiser à date fixe, à partir du 1er mai 1890, une manifestation internationale des travailleurs pour demander la journée de 8 heures et honorer les morts de Chicago.
Messieurs Jules GUESDE et Raymond LAVIGNE en sont à l’origine.
A l’époque et un peu partout dans le monde la journée de travail dure au minimum 10 heures et la semaine 6 jours.




La fusillade de Fourmies


En 1891, à Fourmies dans le Nord de la France, on célèbre le 1er mai comme partout ailleurs. Mais la manifestation tourne au drame : la police tire sur la foule tuant neuf ouvriers.





Le 1er mai devient un jour traditionnellement consacré à la lutte des classes et l’églantine en devient le symbole.
Quelques mois après ce drame, L’Internationale socialiste renouvelle à Bruxelles le caractère revendicatif et international de cette journée.




Le train des législations


Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai 1919 une journée chômée sous le gouvernement Clemenceau.
En 1920, la Russie bolchévique décide que le 1er mai sera désormais chômé et deviendra la fête légale des travailleurs.
Les manifs de 1936 : dans les années qui suivent, le 1er mai s'impose peu à peu comme un rendez-vous et un jour de grève ouvrier, mais c'est en 1936 qu'ont lieu les plus grandes manifestations. Ces manifestations du 1er mai 1936 marquent durablement l'imaginaire français. Elles contribuent, en effet, à l'élection de la première coalition républicaine de centre gauche, deux jours plus tard : le Front populaire. Présidée par le socialiste Léon Blum, ce gouvernement ne tarde pas à adopter des mesures historiques pour les travailleurs, la semaine de 40h, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical.
Le 24 avril 1941, le Maréchal PETAIN instaure officiellement le 1er mai comme « la fête du travail et de la concorde sociale » appliquant ainsi la devise Travail, Famille, Patrie. La fête des travailleurs est ainsi débaptisée.






A l’initiative de René BELIN, alors ministre du Travail, le 1er mai devient un jour férié, chômé et payé. L’églantine rouge, trop associée à la gauche, est remplacée par le muguet.




La fête du travail disparait à la libération pour être réinstituée en avril 1947. Ce n’est plus une fête nationale.
Le 29 avril 1948 enfin, le 1er mai est officialisé « fête du travail ».
La vente libre du muguet permet aux syndicats de faire connaître à la population leurs revendications.
Cette fête va à nouveau être rayée dans les années 50 et 60 ; les défilés étant interdits lors des guerres d’Indochine et d’Algérie.
Le 1er mai 1968, la CGT organise une grande manifestation dans les rues de Paris. Des manifestations ont lieu également dans d’autres grandes villes.

« Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui » August SPIES – condamné à mort


La fête des mères : une journée en l’honneur des femmes


Si le Maréchal PETAIN fait inscrire en 1941 dans le calendrier la fête des mères le dernier dimanche de mai, il n’en est pas à l’origine.



Dans la Grèce antique, on fêtait déjà les grands-mères. Au XVe siècle, les Anglais fêtaient le Mothering Sunday.
En 1908, les États-Unis développent la Fête des mères moderne telle qu'on la fête de nos jours, en instaurant le Mother's Day, en souvenir de la mère de l'institutrice Anna Jarvis. Le Royaume-Uni adopte à son tour cette fête en 1914, puis l'Allemagne l'officialise en 1923. D'autres pays suivent comme la Belgique, le Danemark, la Finlande, l'Italie, la Turquie ou l'Australie.
Le 10 juin 1906 à Artas, petit village du nord de l’Isère, on fête les mères méritantes notamment les familles nombreuses.
En 1918, la ville de Lyon célèbre la journée des mères en hommage aux mères et aux épouses qui ont perdu leurs fils et leur mari pendant la Première Guerre mondiale. En 1920, est élaborée une fête des mères de familles nombreuses puis le gouvernement officialise une journée des mères en 1929, dans le cadre de la politique nataliste encouragée par la République
Après la guerre, la loi du 24 mai 1950 dispose que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d'une journée consacrée à la célébration de la « Fête des mères » », organisée par le ministre chargé de la Santé avec le concours de l'UNAF (article 1). Elle en fixe la date au dernier dimanche de mai (sauf si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, auquel cas elle est repoussée au premier dimanche de juin) (article 2), et prévoit l'inscription des crédits nécessaires sur le budget du ministère (article 3). Ces dispositions ont été intégrées au Code de l'action sociale et des familles lors de sa création en 1956, et l'organisation de la fête a été assignée au ministre chargé de la Famille à partir de 2004.



Info –  Pour aller plus loin : Lien 1 / Lien 2