11.05 Mai 2016

le dossier du mois

Le Livret d’Epargne (ou Livret A) ouvre la voie pour la capacité bancaire des femmes


  • C’est un fait, il faut attendre le 13 juillet 1965 et la réforme du régime matrimonial de 1804 pour que la pleine capacité bancaire soit octroyée aux femmes. Mais saviez-vous que cette réforme est le fruit d’un long murissement législatif qui débute avec la Caisse d’Epargne ?
  • En 1818, sous le règne de Louis XVIII, on assiste à une double naissance : celle de la caisse d’Epargne de Paris et celle du livret d’Epargne.



  • Cette création du livret d’épargne a pour objectif de solder la crise financière due aux guerres napoléoniennes et à encourager les Français à épargner et à renoncer au jeu et à la boisson.

  • Benjamin DELESSERT, banquier philanthrope et fondateur de la Caisse d’Epargne de Paris, souhaite ainsi combattre l’instabilité sociale et promouvoir les notions de prévoyance et de protection sociale pour lutter contre la pauvreté.
  • Cette année-là, le taux du livret d’Epargne est de 5 % (contre 0,75 % en 2016).
  • Ce placement s’adresse surtout aux gens modestes car ils ne prennent pas de risque avec leur épargne : l’Etat étant le seul emprunteur. En 1894, un cinquième des Fonds de réserve des Caisses d’Epargne servent au financement des logements sociaux.

  • Cet organisme nouveau est ouvert à tous notamment aux femmes mariées, considérées comme incapables majeures par le code napoléonien.


  • Entre 1875 et 1881, elles peuvent ouvrir seules un livret mais le retrait de fonds ne peut se faire qu’avec l’époux.

  • Avec les lois du 9 avril 1881 et du 20 juillet 1895, ces dernières peuvent désormais ouvrir et utiliser seules leur livret d’épargne, sans l’aval de leur mari (à la Caisse d’Epargne mais aussi à la Caisse Nationale d’Epargne Postale).

  • Une entorse au régime matrimonial qui durera plus de 80 ans ! Cette mesure, «révolutionnaire » pour l’époque, a fait alors l’objet de maintes controverses, à la chambre des députés notamment ; l’actualité a été relayée dans la presse et jusque dans les salles de spectacles.

  • Les femmes font partie par ailleurs, dès la fin du XIXe siècle, du personnel salarié des Caisses d’Epargne, ce qui fait figure d’exception dans l’univers bancaire. Avec la Première guerre mondiale, leur nombre augmente.

  • En 1927, il est officiellement rappelé qu’il « n’y a aucune distinction de sexe pour la nomination des emplois d’agents dans les Caisses d’Epargne ».

  • Longtemps avant l’adoption, en janvier 2011 de la loi Copé-Zimmermann sur la parité hommes-femmes dans les Conseils d’administration des grandes entreprises, l’entrée de représentantes féminines comme administrateurs est d’autre part mise en discussion dès 1912 au sein des Caisses d’Epargne. Ces dernières sont ainsi également relativement pionnières en ce domaine, acceptant de manière officielle la nomination de femmes au sein de leurs Conseils d’administration (ou Conseils des directeurs) jusqu’à hauteur d’un tiers de leurs membre en 1923.

  • Marie CURIE, célèbre physicienne et première femme à avoir reçu un prix Nobel en 1903 (et à ce jour la seule à en avoir reçu 2), a été cliente de la Caisse d’Epargne. A cette époque, c’est elle qui s’occupe du budget familial et qui réussit à dégager quelques économies qu’elle place avec son mari, Pierre Curie, à la Caisse d’Epargne.

  • En 1966, le livret d’Epargne devient le livret A pour le distinguer du livret B (compte fiscalisé).


  • En 2004, il appartient au gouverneur de la Banque de France de déterminer le taux du livret afin de ne pas soumettre ce dernier aux enjeux politiques.

  • En 2007, l’ensemble des banques peuvent proposer un livret A.

  • Malgré la faiblesse de son taux, le livret A est consacré placement préféré des Français même si on constate ces derniers mois un certain désamour.

Pour allez plus loin


  • Une lente évolution vers l’égalité patrimoniale et financière…..Quelques dates à retenir

  • 1907 : les femmes peuvent disposer librement de leur salaire
  • 1942 : le gouvernement est contraint de suspendre la loi qui empêchait les femmes mariées de travailler.
  • 1965 : les femmes obtiennent le droit de gérer leurs biens propres. La femme mariée peut exercer une profession sans l’autorisation de son mari et ouvrir seule un compte bancaire,
  • 1967 Les femmes sont désormais autorisées à entrer à la Bourse de Paris et à spéculer.
  • 1970 Le gouvernement Chaban-Delmas apporte une autre pierre notoire à la reconnaissance du statut de femme indépendante : il supprime le «chef de famille». Le couple régit de concert le ménage dans les dépenses et les choix de vie et d’éducation.
  • 1985 : les époux gèrent à égalité le patrimoine.


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