30.09 Septembre 2016

le dossier du mois




  • Si tout le monde connaît la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et l'impact que cela a eu dans la vie quotidienne des citoyens, peu de gens soupçonnent l'existence d'une même déclaration en mode féminin.

  • Si en 2016, l'égalité de droits entre les hommes et les femmes semble atteinte, bien que des différences persistent encore, c'était loin d'être le cas au sortir de la révolution française.


  • Afin de garantir et de faire évoluer les droits des femmes, il a fallu que certaines femmes se battent et expriment haut et fort leurs convictions quitte à le payer chèrement.

  • Ce fut le cas de Madame Marie GOUZE dite OLYMPE DE GOUGES !

  • Cette femme de lettres, née en 1748 est devenue au fil du temps une femme politique et une polémiste.


  • Elle a fortement milité contre l'esclavage des noirs (à travers l'écriture de pièces de théâtre) et en faveur des droits civils et politiques des femmes ( rédaction de réformes sociales et sociétales qu'elle adressait aux représentants du peuple).

  • Ses écrits avaient pour but d'attirer l'attention publique sur le sort des femmes.
    • En 1792, elle rejoint les Girondins donc l'opposition. A cette époque, elle considère que les femmes étaient capables d'assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses écrits, elle demandait qu'elles fussent associées aux débats politiques et aux débats de société.


    • Dans l'objectif de protéger le sexe féminin qu'elle dit malheureux, elle s'adresse à Marie-Antoinette par la rédaction de sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Calquée sur la déclaration des droits de l'homme, elle affirme l'égalité des droits civils et politiques des deux sexes. Elle demande clairement de rendre à la femme ce qui lui a été volé par la force des préjugés de l'homme.
    • Elle prétend notamment que : "la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la Tribune".


    • « II. ― Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d'user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers".


    • D'autres extraits sont marquants de l'état d'esprit d'Olympe de Gouges :

    • Article 1 La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
    • Article 2 Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la femme et de l'homme. Ces droits sont : la liberté, la prospérité, la sûreté et surtout la résistance à l'oppression.
    • Article 3 Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n'est que la réunion de la femme et de l'homme ; nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
    • Article 4 La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

    • Elle fit mouche dans un premier temps puisque les femmes ont eu le droit d'assister à des cérémonies à caractère national telles que "la fête de la loi" et la commémoration de la prise de la Bastille.

    • Elle demanda aussi l'instauration du divorce. Premier et seul droit conféré aux femmes par la révolution.

    • Elle milita aussi pour la suppression du mariage religieux et son remplacement par une sorte de contrat civil entre concubins qui prenait en compte les enfants.

    • Elle évoqua la reconnaissance des enfants nés hors mariage et bien d'autres choses encore en matière de droit de la famille et de bien-être pour la femme et l'enfant.

    • S'opposant publiquement à certains hommes influents, elle fût condamnée à mort et guillotinée à Paris le 3 novembre 1793.

    septembre 1791 -septembre 2016 - 225 ans de lutte pour l'égalité des droits
    entre les hommes et les femmes.

    • Depuis les écrits d'Olympe de Gouges, certaines femmes avec le soutien de quelques hommes ont continué dans la lutte pour l'égalité des droits entre les sexes.

    • 1804 : Le Code civil donne aux femmes des droits civils mais leur refuse les droits politiques.
    • 21 avril 1944 : L’ordonnance d’Alger accorde le droit de vote aux femmes françaises.
    • 27 octobre 1946 : Le préambule de la constitution proclame : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme" (art.3) .
    • 8 juillet 1999 : Une révision constitutionnelle ajoute à l’article 3 de la Constitution de 1958 la disposition suivante "la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives" et prévoit que les partis doivent "contribuer à la mise en œuvre" de ce principe (art. 4).
    • 6 juin 2000 : La loi sur la parité en politique module l’aide publique aux partis politiques en fonction de leur respect de l’application de la parité pour la présentation des candidats aux élections.
    • 9 mai 2001 : La loi Génisson sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes poursuit dans une direction amorcée par la loi Roudy du 13 juillet 1983.
    • 1er mars 2004 : signature par le patronat et les syndicats de l’Accord national interprofessionnel relatif à la mixité et à l’égalité professionnelles entre les hommes et les femmes.
    • 23 mars 2006 : La loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes renforce les moyens et engagements concernant la suppression des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, et la "conciliation" entre l’activité professionnelle et la vie familiale.
    • 4 avril 2006 : Loi qui renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs.
    • 23 juillet 2008 : Modification de l’article 1 de la Constitution qui est désormais ainsi rédigé : "La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales".
    • 27 janvier 2011 : Promulgation de la loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle. Ce texte prévoit l’instauration progressive de quotas pour aller vers la féminisation des instances dirigeantes des grandes entreprises, ainsi qu’un système de sanctions financières en cas de non-respect.
    • 6 août 2012 : loi relative au harcèlement sexuel.
    • 30 novembre 2012 : le Comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui ne s’était pas réuni depuis 12 ans, inaugure l’élaboration d’une troisième génération des droits des femmes. Après les droits civiques reconnus à la Libération, les droits économiques et sociaux des années 1970, il s’agit désormais de définir des droits porteurs d’égalité réelle.
    • 4 août 2014 : La loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes vise à combattre les inégalités dans les sphères privée, professionnelle et publique.

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